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évêché, puis école du Sacré-Coeur, aujourd'hui centre hospitalier

Dossier IA04002050 réalisé en 2011

Fiche

Evolutions historiques

Vue d'ensemble prise du nord-ouest.Vue d'ensemble prise du nord-ouest.Cet ensemble bâti, construit à proximité immédiate de l'ancienne cathédrale - sur une partie du site antique de Glanate - correspond à l'ancien groupe épiscopal d'Entrevaux. L'emplacement primitif du premier évêché d'Entrevaux se trouvait à Glandèves (Référence IA04002005), il est mentionné dès le 5e siècle. Le toponyme de la Seds ou Sedz vient de sedes en latin, siège, le lieu d’exercice de l’autorité épiscopale.

L’étendue de la cité épiscopale du haut Moyen Age correspondrait à peu près aux contours du parc actuel, construit sur les ruines d’antiques murailles. Au lieu de la Seds, à l’époque médiévale, deux édifices coexistent : l’église Saint-Michel connue uniquement par les sources, dont aucun vestige archéologique n’a été à ce jour découvert, et la cathédrale primitive de Notre-Dame. Les pouillés mentionnent en effet en 1351, l’ecclesia sancti Michaelis de Sede, elle apparaît à nouveau en 1376, puis disparaît de la liste au 16e siècle. Cette église Saint-Michel est une possession de l’abbaye Saint-Eusèbe de Saignon (84), elle est mentionnée dans le cartulaire de cette abbaye dès 1154 tout d’abord sous l’appellation de Saint-Michel de Glandèves, au 12e siècle, puis Saint-Michel de la Seds, au 14e siècle. S’il n’est, en l'état actuel des connaissances archéologiques, pas possible de la situer précisément, il est admis que l’église se trouvait à la Seds, et existait indépendamment de la cathédrale. Une communauté monastique aurait donc probablement coexisté avec le chapitre canonial. De la cathédrale Notre-Dame (Référence IA04002051), il ne reste aujourd'hui que l'abside en cul-de-four précédée d'une travée de chœur et l'amorce de la première travée de la nef, datant sans doute du 12e siècle.

Autour de la cathédrale, s'est sans doute développé un hameau et, à proximité immédiate, les évêques ont fait construire, au 17e siècle un palais épiscopal. Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. Détail des feuilles 194-6 et 194-11 : village d'Entrevaux, palais épiscopal de la Seds et Glandèves.Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. Détail des feuilles 194-6 et 194-11 : village d'Entrevaux, palais épiscopal de la Seds et Glandèves.En 1638 et en 1644, Mgr René Leclerc agrandit le domaine de la Seds par des acquisitions. En 1654, Mgr Jean-Dominique Ithier décide de l'érection, sur ces terres, d'un palais épiscopal (bâtiment 1), « une maison de campagne, ornée d’une magnifique galerie et environnée d’un superbe parc » selon la France pontificale. Un peu plus tard, Mgr Léon Bacoue fonde un séminaire sur ses deniers mais l’établissement ferme rapidement. Aussi près d'un siècle plus tard, en 1775, Mgr Henri Hachette des Portes fait construire un nouveau séminaire diocésain près du palais épiscopal sans doute sur l'emplacement de l'ancienne cathédrale de Notre-Dame dont le chœur a alors pu être utilisé comme chapelle et intégrée dans le nouvel édifice.

A la période moderne, il ne s’agit plus d’une cité ou même d’un bourg mais véritablement d'un groupe épiscopal. La clôture délimite désormais un espace strictement dévolu à l’évêque et à son chapitre. Grâce aux cartes d’Ancien Régime et archives, ainsi que par les bâtiments subsistants, on peut avoir un aperçu de ce qu’était cet ensemble. La carte de Bourcet de la Saigne donne un état avant la construction du second séminaire, donc avant la destruction partielle de la cathédrale. L’édifice est au centre d’un quadrilatère fermé à l’est et au sud par des bâtiments (dont le palais construit en 1654) et au nord par un mur de clôture ; l’ensemble est placé dans une clôture polygonale dont subsiste aujourd’hui un portail muré. Il faut noter qu’à cette époque, le Var longe le domaine au nord-ouest.

Les procès-verbaux d’estimation des biens du clergé saisis à la Révolution nous sont particulièrement précieux : afin d’en déterminer la valeur, une liste détaillée, voire descriptive, est dressée des différentes possessions confisquées. En 1791, il est question du « cy-devant palais épiscopal, battiments y contigus et le séminaire » qui comprend, outre le séminaire décrit à part, un palais de trois niveaux sur caves, galerie, écuries, granges, puits, poulailler, avant-cour, aire, jardins, pré, terre, arbres fruitiers et arbres non fruitiers « garnissant des allées en promenades », le tout clos de mur. Le parc est quant à lui composé de jardins fleuris, d’allées promenades, de cabinets de verdure et de bosquets. Le nombre et l’affectation des pièces du palais lui-même sont également détaillés : on compte deux salons d'hivers, deux d'été, un autre de compagnie, six chambres, cinq antichambres, quatre cabinets ou garde-meubles, une cuisine, un réfectoire, un four, boulangerie et greniers, ainsi que des dépendances composées de caves, greniers, écuries et logements pour le personnel. Il est également question de la célèbre galerie couverte reliant le palais à la chapelle, et autrefois sans doute à la cathédrale, cette galerie se trouve au premier niveau, le rez-de-chaussée étant occupé par des écuries. L'évêque, souhaitant que ces éléments soient pris en compte dans l'estimation des biens, mentionnent tous les frais engagés récemment à la Seds : ainsi "un plafond neuf dans toute la longueur de la galerie de la Seds et reparature du couvert d'icelle [...], réparation de l'avant cour de la Seds, y compris le terrain achetté et les murs pour la clore [...]". Le séminaire est un ensemble estimé indépendamment des biens de l'évêque, il comprend "une maison, chapelle, basse cour et jardin", l'ensemble entouré de "murs en maçonnerie servant de clôture", la "maison" est composée "d'une cave, [...], puits, four, boulangerie, cuisine, greniers, réfectoire, chapelle, sacristie, sal[l]es, chambres".

Plan de masse et de situation d'après le cadastre napoléonien de 1916, Les Seds, section C, parcelles 286, 287, 292.Plan de masse et de situation d'après le cadastre napoléonien de 1916, Les Seds, section C, parcelles 286, 287, 292.Sur le cadastre napoléonien de 1816, seuls subsistent deux bâtiments : une partie du palais de 1654, et l’abside de l’ancienne cathédrale, puis chapelle du séminaire, prolongée par un « bâtiment ruiné » comme indiqué dans les états de section, qui correspond aux vestiges du séminaire.

L’état actuel permet de voir l’abside restante de l’ancienne cathédrale mais aussi une partie du palais de 1654 avec notamment une belle porte à bossage et un escalier en pierre de taille, rampe sur rampe à deux volées, à balustres rampants, éléments contemporains de sa construction. L’ancienne résidence épiscopale est aujourd’hui contiguë à un grand bâtiment (bâtiment 2), daté de 1884, construit par la congrégation du Sacré-Cœur lorsqu’au 19e siècle, le site était celui de l’école et du pensionnat de jeunes filles de la congrégation éponyme. Les autres bâtiments témoignent de l’aménagement moderne en hôpital réalisé en 1983 après le rachat de l'ensemble par la commune en 1979.

Description

L'ancien évêché est situé en rive droite du Var, à environ environ 1 kilomètre en aval d'Entrevaux. Il est constitué de trois bâtiments accolés. Bâtiment 1. Elévation ouest.Bâtiment 1. Elévation ouest.Le bâtiment 1, situé au sud, est le plus ancien. On y accède par une porte à bossage, remaniée mais datant de sa construction. Il comporte cinq étages : un sous-sol, un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un étage de comble. Le sous-sol est installé sous la travée sud, il est accessible depuis l'intérieur par un escalier tournant ; la partie nord est occupée par une resserre, couverte par une voûte en berceau plein-cintre coffrée ; la partie sud est occupée par un grand cellier, également couvert par une voûte en berceau plein-cintre coffrée. La porte d'accès à ce cellier possède une belle menuiserie à claire-voie ; une cuve à bouillir le vin, en ciment armé, occupe un angle et l'on note la présence d'un pressoir en bois et métal ainsi que de foudres. Bâtiment 1. Premier étage carré, cage d'escalier.Bâtiment 1. Premier étage carré, cage d'escalier.Les étages sont desservis par un escalier intérieur monumental, datant du 17e siècle, il s'agit de l'escalier de l'ancien palais épiscopal ; la balustrade moulurée est en gypserie. Le sol de l'étage de comble est constitué d'une chape de mortier. L'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires. Les élévations, organisées en travées, reçoivent un enduit rustique, avec cadre de façade et faux encadrements de fenêtres lissés, peints et rehaussés d'un liseré ; les chaînes d'angles de l'élévation est reçoivent un faux appareil gravé. Au premier niveau de l'élévation est, on note trois arcades en pierre de taille calcaire ; l'arcade centrale possède une feuillure intérieure. Au premier niveau de l'élévation ouest, la porte possède un encadrement en pierre de taille calcaire, avec modules saillants alternés, surmontée d'une corniche moulurée en entablement et d'un cadre d'imposte mouluré, façonné au mortier de gypse et recouvert d'un décor peint de faux marbre. Aux premier et deuxième niveaux de cette même élévation ouest, les fenêtres possèdent des appuis en pierre de taille. Au premier niveau de l'élévation nord, une porte possède un encadrement en pierre de taille calcaire, avec arc plein-cintre. La charpente est à pannes et le toit à longs pans est couvert en tuile plate mécanique ; l'avant-toit est constitué de deux rangs de génoises. Une calade se trouvait devant l'élévation ouest.

Bâtiment 2. Vue d'ensemble prise du nord-ouest.Bâtiment 2. Vue d'ensemble prise du nord-ouest.Le bâtiment 2 possède un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés. Les étages sont desservis par un escalier intérieur tournant ; au niveau de l'étage de comble, les marches et contre-marches sont en mortier et on y trouve les vestiges d'un ancien décor peint : plinthe en faux placage de marbre veiné coloré et faux grand appareil à liserés rouges. Le bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires et les chaînes d'angles sont en pierre de taille de grès layé. Les élévations,organisées en travées, reçoivent un enduit à la tyrolienne. Au premier niveau de l'élévation nord, la porte possède un encadrement en pierre de taille de grès chanfreiné, avec une platebande dont le claveau central porte une date et un Sacré-Coeur flammé percé d'une épée, sculpté en réserve ; cet encadrement est surmonté d'une corniche moulurée en entablement ; la menuiserie en noyer est à deux vantaux avec panneaux moulurés, elle est surmontée d'une imposte vitrée avec une grille en ferronnerie décorée d'une croix latine à branches boulées. Les autres ouvertures possèdent des encadrements en pierre de taille de grès, avec platebande à clef saillante. La charpente est à fermes, avec poinçons et arbalétriers, et le toit à longs pans et grandes croupes est couvert en tuile plate mécanique. Les avant-toits sont traités en pierre de taille de grès avec des corbelets portant un décor de boules engagées.

Le bâtiment 3, placé entre les deux autres, est le plus récent. Il possède un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Les élévations sont organisées en travées. le toit-terrasse possède des avant-toit saillants en béton mouluré.

Un jardin se trouve devant l'élévation ouest, il est fermé par un mur de clôture en maçonnerie. Ancien portail, côté ouest.Ancien portail, côté ouest.Un portail muré, avec deux piliers en pierre de taille, se trouve côté ouest ; il donne sur une allée plantée de tilleuls. Une grotte en ciment armé et rocaille de tuf est adossée à côté de ce portail, elle abrite une statue de la Vierge à l'enfant en fonte moulée ; six gros platanes sont plantés devant en triangle. Un canal d'arrosage traverse ce jardin en diagonale. On note un piédestal en pierre de taille de grès, avec une date très effacée (1891 ?), portant une vasque en fonte moulée à motifs végétaux. Parc. Allée de tilleuls menant à la grotte.Parc. Allée de tilleuls menant à la grotte.

Destinations école, centre hospitalier
Dénominations évêché
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Entrevaux
Adresse Commune : Entrevaux
Lieu-dit : le Parc
Cadastre : 1816 C 286 ; 1980 C1 750, 756

Le site est occupé depuis l'Antiquité, il porte alors le nom de Glanate. Au Moyen Age, le lieu prend le nom de la Seds et le hameau perdure selon les contours définis par les antiques murailles ; dans ce bourg, se trouvent deux édifices religieux Saint-Michel et la cathédrale primitive (Référence IA04002051) de l'évêché de Glandèves. Les évêques s'y installent au 17e siècle, édifiant, en 1654, un palais épiscopal. Le lieu est occupé jusqu'à la Révolution malgré la construction d'une nouvelle cathédrale au coeur du village d'Entrevaux. Les évêques Cléments Isnard, Jean-Dominique Ithier et Henri Hachette des Portes ont particulièrement contribué à l'histoire du lieu.

A la Révolution, les bâtiments sont vendus après la saisie des biens du clergé. Au 19e siècle, la congrégation du Sacré-Coeur s'y installe et y fonde une école. aujourd'hui le lieu est occupé par l'hôpital municipal d'Entrevaux. Des anciens édifices subsistent l'abside et la première travée du choeur de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds ainsi qu'un bâtiment du palais épiscopal.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1884, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Leclerc René,
René Leclerc ( - 1651)

Evêque de Glandèves (Alpes-de-Haute-Provence) de 1627 à 1651.


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Personnalité : Ithier Jean-Dominique,
Jean-Dominique Ithier (1607 (?) - 1672)

Evêque de Glandèves (Alpes-de-Haute-Provence) de 1654 à 1672.

Ordonné prêtre en 1635, père supérieur des Cordeliers de Bordeaux. Nommé à l’évêché de Glandèves en récompense de son engagement auprès de Mazarin pendant la Fronde. Commence la construction du palais épiscopal de la Seds (Entrevaux). Il y meurt en 1672 après avoir été particulièrement présent dans son diocèse.


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Personnalité : Hachette des Portes Henri,
Henri Hachette des Portes (1712 - 1798)

Reçoit la prêtrise en 1740, chanoine de la cathédrale de Reims en 1738 puis vicaire générale du diocèse, reçu docteur en théologie de la maison de Navarre en 1742, devient abbé de Vermand en 1748, devient évêque de Sidon (évêché de Reims) in partibus en 1755, nommé à l'évêché de Glandèves (Alpes-de-Haute-Provence) en 1771. Dernier évêque de Glandèves.


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L'ancien évêché est situé en rive droite du Var, à environ environ 1 kilomètre en aval d'Entrevaux. Il est constitué de trois bâtiments accolés. Le bâtiment 1, situé au sud, est le plus ancien, le bâtiment 2 à l'autre extrémité et le bâtiment 3, placé entre les deux autres, qui est le plus récent. I

Un portail muré, avec deux piliers en pierre de taille, se trouve côté ouest ; il donne sur une allée plantée de tilleuls. Une grotte en ciment armé et rocaille de tuf est adossée à côté de ce portail, elle abrite une statue de la Vierge à l'enfant. Un canal d'arrosage traverse ce jardin en diagonale.

Murs calcaire moellon
grès moellon
Toit tuile plate mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre, escalier tournant à retours, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH partiellement, 1996/06/27
Précisions sur la protection

Ancienne cathédrale ainsi que l'escalier monumental de l'ancien palais épiscopal du 17e siècle, le sol de la parcelle et le mur de clôture du parc (cad. C 750, 756) : inscription par arrêté du 27 juin 1996.

Annexes

  • Trois sites historiques pour l'évêché de Glandèves

    Glandèves est l’un des quatre évêchés de Provence disparues à la Révolution. Aujourd’hui son nom ne perdure plus qu’à travers celui d’un lieu-dit perché sur une colline dominant le fleuve Var, à quelque distance du village d’Entrevaux.

    Trois sites majeurs concourent pourtant à son histoire : la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption dans le village mais aussi l’ancienne cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds avec les bâtiments épiscopaux associés, au lieu-dit actuel du Parc, et le site de Glandèves. Toute la question est de définir le statut de chaque lieu au cours du temps et le rôle qu’il a pu jouer au niveau du diocèse. Cette tâche est rendue plus complexe dans la mesure où les sites de la Seds et de Glandèves sont souvent confondus en un seul et même lieu par l’historiographie.

    1. Glandèves et la fondation de l’évêché éponyme (Références IA04002005 et IA04001659)

    Le lieu initial d’installation du palais épiscopal est sans doute le site de Glandèves, où l’évêché aurait été fondé au 5e ou 6e siècle, peu après celui d’Embrun. Selon la France pontificale, le premier évêque en aurait été Fraterne, signataire d’une lettre synodique en 451. Pour d’autres auteurs, le premier document attestant de l’existence de l’évêché ne daterait que de 541.

    Dans l’historiographie contemporaine, ce lieu est fréquemment confondu avec celui de la Seds pour la fondation et l’installation primitive de l’évêché. Confusion générée par les changements de toponymes du lieu actuel du Parc au cours des siècles : le site antique nommé Glanate dont la signification est liée à la présence d’un cours d’eau, est devenu Sedz ou Seds, avec la création d’un évêché, et aujourd’hui se nomme le Parc. Confusion accentuée par le fait que Glanate aurait étymologiquement donné Glandèves. Ce castrum aurait été fondé postérieurement à l’implantation antique par un perchement volontaire au haut Moyen Age : il est situé en hauteur, presque à l’aplomb du précédent, à l’abri des débordements du Var et moins exposé militairement. Les deux lieux, castrum et cité antique désormais épiscopale, restent directement liés par un chemin bien visible sur les cartes d’Ancien Régime.

    Au Moyen Age, le site de Glandèves actuel est le lieu de résidence de l’évêque avec nécessairement un lieu de culte qui est, soit réservé à l’évêque et à la communauté religieuse, soit une cathédrale primitive. On ne trouve mention de l’église qu’une seule fois dans les pouillés, en 1351 : Gladatensis ecclesia. Le bourg épiscopal de Glandèves pourrait avoir été détruit au 10e siècle puis, partiellement au moins, reconstruit. Glandèves demeure une résidence épiscopale jusqu’à la construction du palais de la Seds en 1654. En 1669, les évêques l’occupent encore suffisamment pour que monseigneur Ithier demande par prix fait de « faire un chemin pour aller à sa bastide de Glandevez » depuis sa résidence de la Seds. Un chemin « en droite ligne », large de 6 pans soit environ 1 m 50 avec des murs de soutènement. Par la suite, la bastide est sans doute délaissée puisque sur la Carte de Cassini, le château, résidence du seigneur évêque, tout comme la collégiale apparaissent en ruine. Cependant, si le site de Glandèves a pu être délaissé au profit du nouveau palais de la Seds, il n’a jamais été vraiment abandonné mais au contraire réinvesti dans la 2e moitié du 18 siècle.

    2. La Seds

    2.1. La cathédrale primitive : Notre-Dame-de-la-Seds (Référence IA04002051)

    Le toponyme de la Seds ou Sedz vient de sedes en latin, siège, c'est-à-dire lieu d’exercice de l’autorité épiscopale.

    Le lieu correspond, selon les récentes fouilles archéologiques menées en 2014 par le service départemental d’archéologie des Alpes-de-Haute-Provence, à l’occupation antique du site d’Entrevaux, la cité de Glanate. Ainsi plusieurs vestiges archéologiques retrouvés aux abords de la cathédrale attestent une occupation antique, notamment funéraire dans le périmètre immédiat de l’édifice actuel. L’étendue de la cité correspondrait à peu près aux contours du parc du palais épiscopal, construit sur les ruines d’antiques murailles.

    Au lieu de la Seds, à l’époque médiévale, deux édifices coexistent : l’église Saint-Michel connue uniquement par les sources, dont aucun vestige archéologique n’a été à ce jour découvert, et la cathédrale primitive de Notre-Dame. Les pouillés mentionnent en effet en 1351, l’ecclesia sancti Michaelis de Sede, elle apparaît à nouveau en 1376, puis disparaît de la liste au 16e siècle. Cette église Saint-Michel est une possession de l’abbaye Saint-Eusèbe de Saignon (84), elle est mentionnée dans le cartulaire de cette abbaye dès 1154 tout d’abord sous l’appellation de Saint-Michel de Glandèves, au 12e siècle, puis Saint-Michel de la Seds, au 14e siècle. S’il n’a pas été possible de la situer précisément, il est reconnu que l’église se trouve à la Seds, et existe indépendamment de la cathédrale. Une communauté monastique aurait donc coexisté avec le chapitre canonial. Certains auteurs émettent l’hypothèse que c’était le cas dès la fondation de l’évêché.

    De la cathédrale Notre-Dame, il ne reste aujourd’hui que peu d’éléments. Encore ne s’agit-il sans doute pas là des vestiges du bâtiment primitif. Un édifice a en effet, selon toute vraisemblance, été construit au moment de la fondation de l’évêché au haut Moyen Age. Deux possibilités pour l’emplacement de ce premier édifice, ce qui ajoute à la confusion : Glandèves, dont l’ensemble du bourg épiscopal aurait été détruit au cours du 10e siècle par des incursions guerrières, ou la Seds déjà. L’occupation antique de ce lieu, attestée par les fouilles archéologiques, plaide pour un édifice de culte dans la civitas antique. Quoiqu’il en soit, les vestiges de la cathédrale visibles aujourd’hui pourraient dater du 12e siècle.

    2.2. L’époque moderne : le palais épiscopal (Référence IA04002050)

    La cathédrale médiévale ne peut être envisagée comme un édifice isolé : elle faisait nécessairement partie d’un groupe épiscopal comprenant une résidence pour l’évêque mais aussi des lieux de vie et de prière pour la communauté canoniale. Un bourg se constitue sans doute autour de l’église et de la demeure. Les pouillés mentionnent ainsi à la Seds, en 1252, une Bastida domini episcopi. Et selon l’état féodal, au début du 13e siècle, le seigneur du lieu – qui ne prend le titre de seigneur de Glandèves que vers 1235 – est bien seigneur de trois fiefs distincts, Entrevaux, Glandèves et la Seds (probablement démembré du précédent) qui comprend alors, en plus de l’église cathédrale, la maison diocésaine.

    Si le bourg civil puis le centre politique épiscopal va progressivement être transféré à Entrevaux dès la fin du 14e siècle, le déplacement officiel et acté du siège épiscopal n’intervient qu’en 1609 sous l’épiscopat de Clément Isnard, il correspond à la construction de la nouvelle cathédrale dans le village d’Entrevaux. L’ancienne cathédrale reste entretenue comme en témoignent des prix faits de travaux réalisés au cours du 17e siècle ; elle semble cependant abandonnée dans le courant du 18e siècle. En 1638 et en 1644, monseigneur René Leclerc agrandit le domaine de la Seds par des acquisitions et en 1654, l’évêque Jean-Dominique Ithier fait construire un palais épiscopal. Les deux lieux, Entrevaux et la Seds, coexistent donc et cela jusqu’à la Révolution.

    Sur le cadastre napoléonien de 1816, seuls subsistent deux bâtiments : une partie du palais de 1654, et l’abside de l’ancienne cathédrale, puis chapelle du séminaire, prolongée par un « bâtiment ruiné » comme indiqué dans les états de section, qui correspond aux vestiges du séminaire. L’état actuel permet de voir l’abside restante de l’ancienne cathédrale mais aussi une partie du palais de 1654.

    3. La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption du village d’Entrevaux (Référence IA04000149)

    Dans le courant du 14e siècle, la ville, fondée sur l’autre rive du Var, va se développer au pied du château plus ancien, le castrum d’Antrevals, attesté au 13e siècle. En 1350, le toponyme d’Entrevaux, attaché initialement à ce seul château, devient le nom de cette jeune agglomération alors érigée en commune. Dans les pouillés, une ecclesia de Intervallibus est mentionnée en 1376, et à nouveau au 16e siècle. Ainsi dans le bourg, bien avant la construction de la cathédrale, une église paroissiale existe bien, il s’agit de l’église paroissiale Saint-Martin. Elle est détruite en 1806 avec l’aménagement de la place Charles Panier.

    A la fin du 14e siècle, vers 1387-88, les tensions sont manifestes entre les partisans du comté de Provence et ceux du comté de Savoie, Entrevaux se trouve de facto en position de place frontière. C’est sans doute à ce moment que l’habitat aggloméré autour de l’église cathédrale de la Seds se déplace dans les limites du bourg clos. La translation des habitants et des activités est progressive, ne laissant finalement à la Seds que le groupe épiscopal, avec sa cathédrale, assez étrangement placé alors à l’extérieur de la cité. Au tout début du 17e siècle, alors que le chapitre est, dans les faits, installé dans le village, la décision est alors prise de construire une nouvelle cathédrale.

    Le premier prix fait date de 1604 mais la construction n’est réellement lancée qu’en 1612 et l’église n’est achevée qu’en 1630, à l'exception du clocher, laissé inachevé à la hauteur du chœur en 1617. En 1655, on aménage une place devant la cathédrale. La construction du clocher débute peu avant 1657 pour se terminer en 1667 et en 1671 les cloches peuvent être posées. L’édifice ne sera que légèrement modifié par la suite, notamment lors des travaux de renforcement des fortifications dans les années 1690.

    A la Révolution, avec la Constitution civile du clergé adoptée le 12 juillet 1790, la carte des diocèses est profondément remaniée et superposée à celle des nouveaux départements : l’évêché de Glandèves disparaît alors au profit de celui de Digne qui englobe alors les anciens évêchés de Riez, Sisteron, Senez et Glandèves.

    Henri Hachette des Portes en est donc le dernier évêque. Il s’exile dans les Alpes-Maritimes puis en Italie. Les biens du clergé sont saisis et les domaines de la Seds et de Glandèves ainsi que tous les biens immobiliers du village sont revendus en lots à des propriétaires privés.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux d'estimation des biens des émigrés des districts de Castellane et Sisteron, 1790 - an VIII. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 Q 62.

    Estimation des domaines nationaux de l'évêché de Glandèves, 12 janvier 1791. Nouvelle estimation du palais épiscopal et du séminaire de la Seds, 23 février 1791.
Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 194-6
  • Service des chemins vicinaux. Chemin vicinal ordinaire No 3 d'Entrevaux au Puget-Théniers. Plan représentant la partie de ce chemin qui traverse la propriété appelée le Riouvert, au quartier de la Seds, appartenant à M. Roux, laquelle est exploitée par le Sr Colombet Charles d'entrevaux. / Dessin, par Caire, 7 février 1854. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 168

    Le plan du quartier de la Seds est dressé à l'occasion d'un contentieux. Y figurent les bâtiments de l'évêché.
Bibliographie
  • BARRUOL, Guy. Deux cités de la Province des Alpes Maritimes : Glandève et Briançonnet. Dans : Revue d'études ligures, tomes 1-3, p. 231-269, 1969.

  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Souvenirs religieux des églises de la Haute-Provence. Digne : Vial, 1879, 346 p.

    p. 273-287
  • FISQUET, Honoré. La France pontificale (Gallia christiana), histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 18 provinces ecclésiastique. Paris : E. Repos, 1864-1873.

    p. 336-337.
  • HILDESHEIMER, Françoise. L'ancien évêché de Glandève. Dans Histoire des diocèses de France : Nice et Monaco. Paris : Beauchesne, 1984, 387 pages.

    p. 152-170.
  • JACQUET, C. Une trilogie provençale, Glandèves, Entrevaux, La Sedz. Nice : École professionnelle Dom Bosco, s.d.

  • SAUZE, Elisabeth. Catalogue des actes concernant l'abbaye Saint-Eusèbe de Saignon. Dans : L'abbaye de Saint-Eusèbe de Saignon et ses dépendances. Histoire et archéologie, Forcalquier : Les Alpes de Lumière, 2006 (Coll.les Cahiers de Haute-Provence, 5).

    p. 307-358.
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