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Lumière sur

édifice non identifié dit arc antique ; évêché

HISTORIQUE

D'après l'historien Pierre Gros, cet arc commémoratif romain remonte aux dix premières années de l'ère et il constitue sans doute l'un des plus anciens monuments de ce type - tétrapyle - archéologiquement attestés.

Il se trouvait à l'origine compris dans les bâtiments de l'évêché, au sud de la cathédrale, fut remis à jour au moment de la destruction de cet évêché.

En 1876 un projet d'élargissement et de nivellement de la place Blanche - ou place de l'Evêché, impose le déplacement de l'arc antique : le monument situé à environ un mètre en contrebas du sol connaîtrait en effet un enfoncement plus grand une fois les travaux réalisés. Le conseil municipal opte en conséquence pour une translation de l'édifice à l'extrême ouest de l'esplanade du Clos et s'adresse à cet effet à Revoil. Son projet qui prévoit outre le déplacement la construction d'une plate-forme élevant l'arc de deux marches au-dessus du sol, est adopté par la ville en octobre 1878, après approbation du ministre des Beaux-Arts, lequel s'est engagé à participer pour moitié à la dépense de 6000 francs.

Quelques années plus tard, le conseil municipal décide l'aménagement des abords de l'arc. En 1897 un marché est passé avec l'entrepreneur Vidau pour la fourniture des matériaux nécessaires à la construction des terres-pleins de la place du Clos, d'après les plans dressés par l'architecte Silvan en 1896.

DESCRIPTION

Situation

L'arc s'élève à 7, 80 m du bord occidental de la place François Tourel, dans l'axe de la perspective, légèrement coudée, constituée par le cours Bournissac, la place du Clos et la place François Tourel.

Composition d'ensemble

L'arc est la pièce centrale d'un aménagement urbain destiné à régulariser le tracé de la voirie et à mettre en valeur le monument. Il a été remonté sur une plateforme de pierre calcaire blanche de 9, 20 m de côté dont le dallage souligne l'emprise des quatre piliers.

Originellement encadré d'une chaussée de 5, 60 rn en V partant vers le cours Bournissac et de deux terre-pleins en L, il émerge actuellement d'une haie de pyracanthas entourant la plateforme à laquelle on accède par une allée en S partageant une pelouse entourée de murettes. A l'ouest une ligne de cyprès bleus masque les immeubles du fond de la place.

Matériaux

Le monument est entièrement taillé dans un calcaire blanc à grain fin, facile à travailler. Le remontage a semble-t-il respecté la mise en place par joints vifs des piliers mais quelques incertitudes apparaissent dans le positionnement des claveaux des arcs est et ouest : irrégularité des joints dont l'épaisseur peut atteindre 3 à 4 cm. De plus il semble que depuis un siècle le monument a bougé : joints verticaux ouverts en particulier contre les chapiteaux de l'arc est (blocs 12 et 23).

Les blocs de compléments sont taillés mais non sculptés dans une pierre semblable aux blocs d'origine.

- Marques de mise en place : quelques marques, à cheval sur deux claveaux, grossièrement martelées, sont visibles sur les faces est et ouest de l'arc ouest. On peut douter que ces marques soient d'origine.

- Trous de levage : il en est de même pour ces trous, grossièrement carrés, creusés sur les deux faces des claveaux 29 et 25 de l'arc ouest. Par contre des trous semblables existent sur une seule face des claveaux 28, 29 (face est) et 30 (face ouest) de l'arc est. D'autres trous de ce type existent sur des pierres des piliers. Ils semblent dus aux aménagements tardifs du monument.

- Mortaises en queue d'aronde : trois mortaises apparaissent sur la face supérieure des blocs 10 et 21 de l'arc ouest :

- le bloc 10 n'a qu'une mortaise disposée à 45° au centre,

- le bloc 21 en a deux : une au centre, axée sur le bloc ; l'autre creusée en oblique vers le centre du monument (vers l'angle nord-est du bloc).

Structure

Le monument se compose aujourd'hui de deux arcs parallèles ouverts l'un à l'est, l'autre à l'ouest. Les quatre piliers portent les sommiers de deux autres arcs perpendiculaires reliant ces deux parties. Le plan est un carré de 5, 60 m de côté.

Chaque pilier compte 6 blocs jusqu'à l'imposte. Mais les piliers sud-est et sud-ouest possèdent une assise de raccord (bloc 7 ; blocs17-18) permettant de rattraper le niveau des impostes. Au-dessus de celles-ci, le même bloc se prolonge et sert de sommier aux arcs. Au-delà, les claveaux sont différenciés. L'arc est conserve un rang de pierre de plus que l'arc ouest ; les blocs d'angle 12 et 23 portent le décor sculpté des chapiteaux ; dans les écoinçons subsistent les blocs 38-39-40 et 35-36-37. Le dessus de cette assise n'a pu être vu.

Sur leur face interne, les blocs situés au-dessus des impostes des deux arcs sont taillés en oblique afin d'épouser le contour des parties (aujourd'hui manquantes) des deux arcs nord et sud en retour :

- l'oblique est dirigée vers le haut pour épouser l'extrados des claveaux manquants (arc ouest, blocs 20-21 ; arc est, blocs 11 et 10)

- l'oblique est dirigée horizontalement vers le centre du monument pour former une sorte de coupe d'onglet dans l'angle des quatre arcs (arc ouest, blocs 32-31 et 22-23 ; arc est, blocs 34-33-40-39 et 24-25-35-36). Il faut observer que ces blocs sont des claveaux à l'exception des assises supérieures (blocs 39-40-35-36) de l'arc est. Sur les relevés, la flèche qui représente les parties biaises (face des sommiers, obliques de raccordement et extrados des arcs) est dirigée vers l'observateur.

Les blocs 20-21 et 10 de l'arc ouest sont très abîmés et ont des parties manquantes.

Élévations

Les faces sud, est et nord du monument présentent un décor d'architecture comprenant deux pilastres encadrant l'arc lui-même ; celui-ci retombe sur deux impostes moulurées et sculptées. Le décor sculpté couvre la face antérieure des pilastres, celle des arcs et les écoinçons conservés de l'arc est. Ce décor est répétitif sans variations importantes :

- sur les pilastres, table en creux occupée par un rinceau habité naissant d'un culot placé immédiatement au-dessus des bases ; bases moulurées et richement sculptées ; chapiteaux corinthiens- sur les arcs, motifs d'anthémion entourés d'une bordure de rais-de-cœur à mi-claveaux

- dans les écoinçons, victoires ailées portant une couronne sculptée à la fois sur les blocs d'écoinçon et la partie externe à la bordure de rais-de-cœur des claveaux

- l'intrados porte un décor de caissons carrés peu profonds : sur les arcs est et ouest alternent de bas en haut deux rangs de trois petits caissons, un grand caisson placé en losange, trois autres rangs et un caisson en losange au centre. Sous les arcs nord et sud dont ne subsistent que les sommiers, la composition ne comprenait au départ qu'un seul rang de trois petits caissons puis un grand caisson en losange.

- l'élévation ouest du monument diffère des trois autres car ses pilastres ne possèdent pas de table en creux et par conséquent aucun décor sculpté ; les bases sont modernes.

CONCLUSION

Faute d'une étude approfondie qui permettrait des comparaisons avec d'autres monuments antiques, ces conclusions se limiteront, à partir de l'observation morphologique de l'édifice, aux remarques suivantes- cet arc n'est pas un tétrapyle de croisement de voies car il a un sens : trois faces sont sculptées, la quatrième non ; celle-ci, la face ouest, a malheureusement des lacunes telles qu'il est impossible semble-t-il de préciser à quel ouvrage l'arc pouvait être associé.

La présence des pilastres interdit qu'il ait été adossé à une paroi ou à un mur. Par contre on peut imaginer qu'il fut raccordé à un ouvrage ouvert, galerie ou péristyle, se présentant en quelque sorte comme la partie antérieure d'une sorte d'avant-corps. On peut aussi penser qu'il n'était relié à rien, mais placé en avant d'un ensemble dont il aurait constitué l'entrée. Serait-elle celle du forum ? Enfin, n'aurait-il pas été inachevé ?

- Le monument actuel est issu d'un remontage. Cette opération destinée ici à assurer une présentation esthétiquement acceptable n'a pas tenu compte du raccordement des blocs entre eux :

- la ligne directrice des rinceaux courant sur les pilastres nous montre plusieurs interruptions qu'il est aisé de rétablir en intercalant selon les cas un ou deux blocs manquants. Dans tous les cas il semble que l'édifice devrait être rehaussé de quelques 50 à 60 cm. Cependant, il faudrait aussi résoudre l'incohérence de la présence du bloc 10 de l'arc ouest dont le décor sculpté sur la face nord ne suit pas celui du bloc 9 au-dessous, mais dont la face est, taillée en oblique pour épouser l'extrados de l'arc nord, paraît être à sa place

- l'arc est paraît être remonté avec des claveaux issus d'un autre arc. En effet le décor de caissons de l'intrados ne doit sa cohérence qu'à la présence de joints épais de 3 à 4 cm de part et d'autre de la clé. Ces joints sont colmatés au mortier ; leur largeur a été calculée au remontage pour assurer la continuité des lignes du décor.

Signalons enfin que la maquette réalisée en 1896, déposée au musée de Cavaillon, est une restitution idéale, en partie erronée.

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