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ligne fortifiée : 3e caposaldo Val Roja

Ce groupe d'ouvrages qui constitue le troisième caposaldo de la première ligne de défense du Vallo Alpino dans le sous-secteur II A dit de la Haute-Roya, s'organise sur les versants de la vallée de La Roya en aval de Saint-Dalmas (Versant est sur la commune de La Brigue, versant ouest sur la commune de Tende), jusqu'au vallon parallèle dit de Groa, à la limite de la commune de Fontan, ancienne frontière franco-italienne. Il comporte donc, outre quelques ouvrages situés autour de Saint-Dalmas sur la ligne de défense proprement dite, deux éléments de barrage de la vallée de la Roya, échelonnés plus au sud, et composés chacun de deux à trois ouvrages. La ligne de barrage la plus méridionale, sur la frontière, est en outre précédée et accompagnée au bord même de la route nationale en fond de vallée, d'abord, de deux barrières successives, associés à une petite caserne de carabiniers, un poste de douaniers, défensif, avec clôture de barrage coulissante d'alarme deux petits postes de douane garde frontière, puis, plusieurs centaines de mètres plus loin, d'un petit poste défensif de répression, avec clôture de barrage coulissante.

La plupart des ouvrages ont été construits à partir de 1931 en application de la circulaire 200. Cinq d'entre eux: ceux des lignes de barrage avancées, numérotés 101 à 105, sont des postes de tir en caverne sommairement aménagés en 1924-1925 et réaffectés sans transformation (excepté la pose d'une porte métallique aux entrées) lors de la mise en place des nouveaux ouvrages de type 200. Un autre poste en caverne primitif très sommaire qui devait correspondre au n°106 du programme de 1931 a finalement été abandonné, son numéro d'identification étant affecté à un ouvrage d'un autre caposaldo (le 8°). Deux ouvrages proches de Saint-Dalmas (n° 13 et 16) sont des implantations de 1924 complètement réformées en 1931. Ils sont repérés et renseignés, avec cartographie et plans, dans le rapport du service des renseignements militaires français daté du 15 février 1934.

1. Ouvrage d'infanterie n° 12, dit de "Regione Sagge", ou "Casetta"

Ouvrage casematé en caverne de type 200, construit entre 1931 et 1932, armé de 2 mitrailleuses et d'un fusil mitrailleur.

Repéré sous le n° 14 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un descriptif et un plan assez inexacts.

Le plan général s'apparente à celui d'un abri-caverne type, avec chambre-abri centrale, incluant local de ventilation au centre, magasins (vivres, munitions), et poste de commandement, aux extrémités. D'un des grands côtés de cette chambre-abri partent symétriquement deux galeries divergentes, terminées en escalier montant, qui desservent les deux positions de tir pour mitrailleuse sous bloc béton, et aussi, pour celle de gauche, l'entrée de l'ouvrage ménagée dans le flanc du bloc de gauche. La porte était pourvue d'une porte-guérite adaptée au fusil mitrailleur. Cette entrée en couloir coudé aborde donc d'une part, dans l'axe et à gauche, la première position de tir casematée, et un créneau pour signaux lumineux, d'autre part, à droite, la galerie de gauche dans laquelle sont ménagées latéralement réserve d'eau et latrines. Les positions de tir, avec plaque de blindage dans l'embrasure, ont la particularité d'être très exiguës à l'intérieur, du fait de l'énorme épaisseur (5m) des deux blocs.

A l'extérieur, ceux-ci ont des parois verticales en béton brut de décoffrage, sur lesquelles sont greffées en encorbellement sur armature métallique, plusieurs faux blocs de rocher en ciment aux formes arrondies, dans un but de camouflage. La ligne horizontale du plafond de l'embrasure extérieure à trémie est en outre brisé par une petite "dent", destinée à la rendre moins lisible à distance, depuis Saint-Dalmas.

2. Ouvrage d'infanterie n° 13, dit de "Regione Bione" ou "Cava de Sabia"

Ouvrage casematé en caverne armé de trois mitrailleuses, reconstruit entre 1931 et 1932 au dessus de la gare de Saint-Dalmas, en utilisant et augmentant les structures en place d'un des postes de tir en caverne pour mitrailleuse qui avaient été construits à Saint-Dalmas en 1924. Repéré sous le même n° 13 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un descriptif et un plan assez inexacts, ne renseignant que l'une des positions de tir, conformément à l'état d'armement de 1925.

Cette implantation dans un rocher aux parois verticales résultant du remaniement d'un ouvrage existant est de ce fait à la fois compacte et atypique dans ses dispositions en plan. L'entrée s'ouvre dans une anfractuosité au dessus du niveau de l'abri et des positions de tir. La porte, qui était pourvue d'une porte-guérite adaptée à une mitrailleuse, est suivie d'un escalier descendant dans un bloc d'entrée en béton camouflé à l'extérieur par des parements en moellons lui donnant l'aspect d'une petite construction vernaculaire. Dans ce bloc, un puits vertical muni d'une échelle de marine relie le bas de l'escalier à la galerie rectiligne qui dessert les deux positions de tir casematées. Cette galerie distribue aussi à gauche la petite chambre-abri existant dans l'état 1925, autour de laquelle sont aménagées irrégulièrement et "organiquement", comme des alvéoles, les habituels locaux techniques, la plupart rajoutés en 1931 : local de ventilation, magasins (vivres, munitions), réserve d'eau, poste de commandement, groupe électrogène. Les embrasures de tir pour mitrailleuse ont une plaque de blindage métallique et sont à trémie vers l'extérieur, ou elles paraissent au nu de la paroi rocheuse, sans bloc externe, peu perceptibles.

3. Ouvrage d'infanterie n° 16, dit "du tunnel de Rioro"

Ouvrage casematé en caverne de type 200, construit entre 1932 et 1935, à la place d'un premier poste de tir en caverne pour une mitrailleuse, l'un de ceux qui avaient été construits à Saint-Dalmas en 1924. Le poste de tir primitif, qui avait un accès extérieur direct, a été complètement transformé en ouvrage pour 24 hommes, avec 3 positions de tir pour mitrailleuse, dont l'accès unique se fait par le tunnel ferroviaire dit de Rioro (qui absorbe le dénivelé à compenser en formant une boucle hélicoïdale dans le rocher).

Repéré sous le n° 20 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un descriptif et un plan bien renseignés, permettant de vérifier que l'ouvrage existe déjà dans ses dispositions définitives.

La porte d'accès est percée au fond d'une niche-refuge préexistante du tunnel ferroviaire, à plus de 200m de l'issue haute. A 60m de la porte de l'ouvrage en aval du tunnel ferroviaire, s'embranche un escalier descendant foré dans le rocher sur 15m, avec grille à son débouché (au sud-ouest, à flanc de rocher), qui constituait l'accès de l'ouvrage depuis l'extérieur.

Le rapport d'espionnage français de 1934, indique que, dans le tunnel, une barrière séparait la voie ferrée de la zone de circulation entre cet escalier et l'entrée de l'ouvrage proprement dit. Celle-ci est suivie d'un court segment de galerie qui dessert latéralement latrines (à gauche) et réserve d'eau (à droite), avant de déboucher dans la chambre-abri, équipée classiquement du local de ventilation, des magasins de vivres et de munition, et du poste de commandement. De cette chambre part à droite une galerie plusieurs fois coudée formant une boucle, avec un autre accès à gauche, qui dessert les trois positions de tir casematées orientées à l'ouest (vers la gare de Saint-Dalmas) et au sud-ouest. Ces positions de tir pour mitrailleuse ont une plaque de blindage métallique de l'embrasure traitée à trémie vers l'extérieur, ou elles paraissent au nu de la paroi rocheuse, sans bloc externe.

4. Ouvrage d'infanterie n° 21, dit "du pont de chemin de fer", Saint-Dalmas

Ouvrage d'infanterie n° 21 dit du pont de chemin de fer : détail de la plaque de blindage de l'embrasure depuis l'intérieur du bloc.Ouvrage d'infanterie n° 21 dit du pont de chemin de fer : détail de la plaque de blindage de l'embrasure depuis l'intérieur du bloc.

Ouvrage casematé en caverne de type 200, construit entre 1932 et 1936, adapté à une garnison de 21 hommes, armé de 4 mitrailleuses. Ne devait comporter à l'origine que deux positions de tir casematées. Repéré sous le même n° 21 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un descriptif et un plan bien renseignés, signalant que l'ouvrage n'est pas encore achevé, et permettant de vérifier qu'il a déjà ses dispositions définitives.

Situé dans un rocher aux parois verticales qui se dresse au dessus du débouché du tunnel ferroviaire qui précède le pont traversant la Roya avant Saint-Dalmas, cet ouvrage troglodytique, le plus étendu du 3° caposaldo, a sa porte d'entrée orientée au nord, en surplomb de Saint-Dalmas. Elle était équipée d'une porte-guérite ou pouvait être installée l'une des quatre mitrailleuses de l'ouvrage. Cette porte dessert une longue galerie d'accès qui, après une chicane d'entrée, dessert dans un premier coude, à droite, la première des trois positions de tir casematées pour mitrailleuse de l'ouvrage. Cette position est orientée au nord-ouest, vers Saint-Dalmas. La galerie dessert ensuite à droite la réserve d'eau, puis traverse dans l'axe la chambre-abri équipée des habituels locaux techniques: ventilation, magasins de vivres et de munition, poste de commandement. Le prolongement de la galerie bifurque ensuite en deux branches divergeant à 45° (l'une avec réserve à droite) desservant chacune une position de tir orientée au sud ou au sud-ouest, vers la route nationale. Les trois positions de tir sous casemate ont une plaque de blindage métallique de l'embrasure (l'une à été dégagée au pic de sa gangue de béton dans le but de la récupérer). Les créneaux ou embrasures, à trémie vers l'extérieur, sont aménagées dans des cavités étroites de la paroi rocheuse, sans bloc externe, ce qui les rend peu perceptibles à distance.

Des conduites d'adduction d'eau renforcées en béton sont visibles aux abords.

A proximité de cet ouvrage 21, au dessus du rocher, en bas de la pente descendant de l'ouvrage 22 (2° caposaldo), se trouve un N.A.S. pour mitraillette orienté au sud, sous petit bloc aux parois externes revêtues d'un parement de cailloux.

Ouvrage d'infanterie n° 21 dit du pont de chemin de fer : embranchement de deux couloirs d'accès à des positions de tir sous bloc.Ouvrage d'infanterie n° 21 dit du pont de chemin de fer : embranchement de deux couloirs d'accès à des positions de tir sous bloc. Ouvrage d'infanterie n° 21 dit du pont de chemin de fer : tronçon de canalisation blindée.Ouvrage d'infanterie n° 21 dit du pont de chemin de fer : tronçon de canalisation blindée.

5. Ouvrage d'infanterie n° 101, "Merlo"

Ouvrage casematé en caverne actif armé de 2 mitrailleuses, construit entre 1924 et 1925, non remanié par la suite (hormis la porte), mais occupé de façon permanente en 1939. Non repéré dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934.

Les deux galeries d'accès brutes de forage s'ouvrent au nord-ouest. La première se coude à droite, desservant ensuite à gauche deux petites chambres-abri revêtues mais sans aménagements, puis se branche perpendiculairement sur la seconde, qui dessert les deux positions de tir en laissant à gauche une réserve. Les positions de tir casematées sont très sommaires, brutes de décoffrage et sans plaque de blindage. En revanche, elles sont occultées à l'extérieur par des panneaux de camouflage en ciment armé.

6. Ouvrage d'infanterie n° 102, Gorge de Paganin - est

Ouvrage casematé en caverne actif armé d'une mitrailleuse, construit entre 1924 et 1925, non remanié par la suite (hormis la porte). Repéré mais non renseigné dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934.

Implantation très sommaire, comparable à la n° 101 en plus simple: galerie d'accès unique brute de forage desservant à gauche une petite chambre-abri revêtues mais sans aménagements, puis la position de tir sous une large casemate. La casemate et son embrasure sont simplement revêtues de ciment, et battent plein sud la route nationale dans un méandre de la Roya.

7. Ouvrage d'infanterie, puis d'artillerie n° 103, Gorges de Paganin - ouest

Ouvrage casematé en caverne actif armé d'une mitrailleuse, construit entre 1924 et 1925 au débouché de la côte de Paganin sur la Roya , peu remanié par la suite ( la porte et l'embrasure de tir), malgré deux projets concurrents de transformation en ouvrage de type 200 (l'un pour une mitrailleuse, l'autre en ouvrage d'artillerie avec canon de 57/43). Repéré mais non renseigné dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934.

Implantation à peu près identique à la n° 101, avec deux galeries d'accès brutes de forage reliées entre elles, non revêtues, et positions de tir unique prenant en enfilade au sud-est la route nationale en fond de vallée. L'embrasure, en béton brute de décoffrage et sans plaque de blindage, a été adaptée dans les années 1930 pour accueillir une pièce d'artillerie antichar, en l'occurrence un canon de 47/39 sur affût sans roues. A l'extérieur, l'embrasure, peu visible dans le rocher, est en outre obturable par une plaque métallique en deux volets portant la marque publicitaire Fiat.

8. Ouvrage d'infanterie n° 104, Pont ferroviaire de Paganin - ouest

Ouvrage casematé en caverne actif armé d'une mitrailleuse, construit entre 1924 et 1925, non remanié par la suite (hormis la porte). Non repéré dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934.

Implantation très sommaire, comparable à la n° 103 en plus simple: deux galeries d'accès ( porte de l'une au dessus de l'entrée du tunnel ferroviaire) se rejoignant , brutes de forage, aboutissant après une chicane (à gauche) à la position de tir. Petite casemate en béton pour mitrailleuse sur trépied, embrasure simple peu visible de dehors.

9. Ouvrage d'infanterie n° 105, Pont ferroviaire de Paganin - est

Ouvrage casematé en caverne actif pour trois hommes, armé d'une mitrailleuse, construit entre 1924 et 1925, non remanié par la suite (hormis la porte). Repéré mais non renseigné dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934.

Implantation très sommaire, analogue à la n° 104 à quelques nuances près: première galerie d'accès plus longue, chicane à droite avant la position de tir. L'issue d'une de ces galeries débouche dans le tunnel du chemin de fer.

10. Abri-caverne coté I, dit "Ischia" ou "Casetta"

Abri-caverne non actif, du type le plus classique, construits probablement en 1932-1933 à proximité de l'ouvrage n° 12. Repéré dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un plan assez approximatif.

Ils se compose d'une grande chambre-abri pour soixante hommes de troupe de renfort, avec niche du local de ventilation au centre, magasins (vivres, munitions), poste de commandement, inscrits aux extrémités. Cette chambre-abri est accessible aux deux extrémités par deux galeries à peu près symétriques et divergentes, s'embranchant vers le nord et vers l'est. Chacune a une entrée en chicane. La galerie de gauche, la plus courte, dessert au passages latrines et réserve d'eau.

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