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La villégiature à Hyères et Sainte-Maxime (Var)

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La ligne des Chemins de Fer de Provence (Le Train des Pignes)

 

 

Lumière sur

quartier de la Fontaine-des-Tuiles

La quartier de la Fontaine-des-Tuiles permet d'illustrer plusieurs phénomènes de construction urbaine : un urbanisme né d'une grande opération privée de lotissement, la réutilisation des trames agricoles dans la structuration urbaine, les grandes emprises industrielles comme obstacle au développement des voies de circulation.

Topographie

Délimitation du quartier (section 1 et partie de la section K) :

- à l'ouest le boulevard Roger Chieusse

- au sud le bord de mer

- à l'est la traverse Va-à-la-mer

- au nord la traverse Puget et la deuxième partie du boulevard Roger Chieusse.

Cette délimitation recouvre une zone homogène pour la topographie (relief d'ancien coteau),

et pour l'urbanisme, Elle correspond en partie au découpage du cadastre de 1819, à l'exception du secteur est boulevard Fenouil et abords), alors rattaché au quartier de la Tour Saumaty.

Partie centrale. Vue aérienne prise du sud vers le nord, dans l'axe de l'allée Sacoman. Au premier plan, le chemin du Littoral bordé d'un îlot de villas. Au centre, la zone la plus ancienne à structure de hameau. A droite, le boulevard Fenouil.Partie centrale. Vue aérienne prise du sud vers le nord, dans l'axe de l'allée Sacoman. Au premier plan, le chemin du Littoral bordé d'un îlot de villas. Au centre, la zone la plus ancienne à structure de hameau. A droite, le boulevard Fenouil.

Historique

En 1819, les terrains en coteau entre le bord de mer et le chemin de la Nerthe appartiennent essentiellement à deux grandes exploitations agricoles:

- à l'ouest, la propriété Jacques Farreine, composée de trois immenses parcelles de vignes, complétées par quelques labours et les bâtiments d'exploitation (actuellement du boulevard Chieusse à la rue Emile Rouvière et la mer),

- à l'est, la propriété Joseph Bronde, composée de vignes, labours, oliveraies (actuellement boulevard Fenouil, dont l'ancien nom est boulevard « des Brondes », et les îlots bâtis qui le bordent.

- Entre ces deux zones, d'autres vignobles et quelques labours appartenant à divers propriétaires.

Le bord de mer est occupé par plusieurs tuileries qui sont probablement à l'origine du nom du quartier, appartenant souvent aux propriétaires des grands terrains agricoles mentionnés ci-dessus, Ces tuileries et d'autres, construites dans le même secteur après 1819, disparaissent toutes dans les années 1880 et 1890.

L'urbanisation commence tardivement, sur les portions du bord de mer laissées libres par l'activité des tuileries.

Dans la partie ouest, un premier petit noyau se constitue à partir des années 1830 : ce sont les actuels îlots bordant l'impasse du Chaudron, les maisons sont construites par des familles de pêcheurs, ce que confirme le toponyme de la rue : il est probable que le premier « chaudron» (atelier de teinture des filets de pêche), s'y trouvait avant son transfert à son emplacement actuel, boulevard Chieusse (voir dossier).

Il faut cependant attendre 1901 et le lotissement Farreine (voir dossiers) pour que le processus d'urbanisation démarre vraiment et se poursuive jusqu'après la guerre de 1914-1918, puis, après une longue interruption, reprenne à partir des années 1950.

Dans la partie orientale, l'urbanisation est liée au percement du boulevard Fenouil. Sa section qui appartient au quartier se constitue en deux temps: dans la première décennie du 20 siècle au sud, dans les années 1930 au nord (voir dossiers boulevard Fenouil et lotissement Fenouil).

La partie sud-est (bord de mer et îlot de la traverse du Cerisier), qui a été bombardée en 1944, a bénéficié du programme de la Reconstruction dans les années 1950. Il est donc difficile de dater les constructions préexistantes à la guerre. Il est cependant probable qu'il s'agissait du même type de bâti que celui qui subsiste de part et d'autre du passage Ferrari (grandes maisons de villégiature bourgeoise des années 1890-1900, construites après la vague de démolition des tuileries du bord de mer).

Dans la zone centrale, le petit groupement de maisons, à la structure de hameau, autour de l'impasse Sacomane, est difficile à dater précisément: autour de 1830-50 ?

Au sud du hameau, entre l'impasse Sacomane et la traverse de la Sacomane, quelques maisons de villégiature bourgeoise sont implantées autour de 1880. Mais au total, l'urbanisation de la zone centrale est la plus tardive, après 1970. En effet, les terrains ont été gelés par deux phénomènes:

- l'existence prolongée des tuileries Pierre et Sacoman, dont l'activité a perduré jusqu'après la dernière guerre. La première, démolie en 1970, a été remplacée par la Résidence Saumaty en 1974. La seconde est démolie en 1947 ; réutilisés comme entrepôt, les terrains ne sont livrés à la construction qu'après 1998.

- La persistance d'exploitations agricoles qui ne disparaissent qu'au début des années 1960 pour être remplacées par des résidences d'immeubles à appartements: La Rade (1970), Bella Vista (1960).

L'urbanisme

Les voies principales:

- boulevard Roger Chieusse : dans son tracé nord-sud, il suit le cours du ruisseau du Marinier, aujourd'hui busé. Sa partie est-ouest est un tronçon de l'ancien chemin de Saint Louis au Rove ou chemin de la Nerthe, grand axe est-ouest en balcon sur l'ancien coteau

- boulevard Fenouil : axe nord-sud percé à partir du chemin de la Nerthe dans les années 1870 pour relier la gare aux tuileries et aux embarcadères du bord de mer

- allée Sacoman et traverse de la Sacomane : anciens chemin ruraux reliant le chemin de la Nerthe aux parcelles agricoles enclavées et au bord de mer.

- traverse Va-à-la-mer et du Cerisier : voies secondaires nord-sud reprenant les limites de l'ancien parcellaire agricole.

- boulevard Emile Rouvière : axe secondaire nord-sud créé en 1901 lors du lotissement de la grande propriété Farreine dont il matérialise la limite orientale.

- Traverse Puget : axe secondaire est-ouest, ancien chemin rural postérieur à 1819, épousant des limites de parcelles.

A l'exception de quelques voies secondaires créés pour les besoins du lotissement Farreine, la seule voie transversale est-ouest est la traverse Puget, qui a conservé de son origine rurale une faible largeur et un tracé sinueux excluant tout rôle important de circulation et de desserte. Les circulations dans ce sens se font donc soit par le chemin du littoral, soit par le boulevard Roger Chieusse, en périphérie du quartier.

Le quartier de la Fontaine des Tuiles présente donc un urbanisme cloisonné, avec une remarquable absence de voies de circulation transversales.

La partie ouest est dense, bien dessinée et pourvue d'un réseau relativement important de voies secondaires qui l'irriguent entièrement. C'est le lotissement de la propriété Farreine, en 1901, qui est à l'origine de sa structure. En effet, le partage des terres en quatre lots a engendré la création de voies principales (boulevard Albin Bandini, Farrenc, rues Emile Rouvière, de la Redonne et Mariaud) puis, pour la circulation interne, de voies secondaires (rue Pasteur, boulevard Emile Cavagni, boulevard Baudin, traverse Jeannette). Le réseau viaire, en quadrillage orthogonal, détermine ainsi un urbanisme relativement régulier, avec un bâti assez homogène.

Dans la partie est, l'urbanisation est structurée autour de l'axe nord-sud du boulevard Fenouil, dont la Reconstruction a préservé le tracé. Ici le foncier agricole se lit encore très bien dans le paysage urbain actuel : plusieurs voies secondaires sont d'anciens chemins ruraux (traverse Sacomane, allée Sacoman, premier tronçon de la traverse de la Vente) ou suivent les limites de l'ancien parcellaire agricole (traverse Va-à-la-Mer, traverse du Cerisier, deuxième tronçon de la traverse de la Vente). Certaines limites de parcelles ont servi à structurer les lotissements et matérialisent aujourd'hui les limites de cœur d'îlots de part et d'autre du boulevard Fenouil.

Entre ces deux zones, les tuileries Pierre et Sacoman et les exploitations agricoies ont créé des barrières de circulation, engendrant une rupture dans le développement de l'urbanisme, que les résidences qui les ont tardivement remplacées dans les années 1970 n'ont pu que perpétuer.

Les tuileries

En 1819, le cadastre localise 6 tuileries, concentrées sur le littoral. Cinq sont détruites entre 1882 et 1902, la sixième, implantée en retrait du bord de mer, disparaît en 1912. Après 1819, quatre tuileries sont construites entre 1833 et 1864 sur la propriété Farreine, par ie propriétaire de l'époque, Pierre Roux. Toutes ont disparu en 1905 au moment où le lotissement Farreine commence à être bâti.

En revanche, les deux tuiieries voisines Pierre et Sacoman perdurent jusqu'après la dernière Guerre.

La tuilerie Puget est construite en 1873, à la lisière de la propriété Farreine, et régulièrement agrandie dans les années suivantes. En 1882, devenu propriété des frères François et Charles Pierre, elle est dotée d'un four à vapeur et passe ainsi véritablement dans un mode de production industriel. Le cadastre de 1912 y mentionne deux bâtiments de production, dont un de 113 fenêtres, un atelier de réparations et des bureaux. Elle est démolie en 1970 et sur sa friche est construite la Résidence Saumaty.

La tuilerie Sacoman est construite en vis à vis de la précédente en 1865. Détruite et reconstruite en 1883, elle est démolie en 1947. Une partie des bâtiments subsiste, transformée en habitations (parcelle 168). C'est le seul vestige architectural des tuileries de l'Estaque.

Allée Sacoman, parcelle I 68 : vestiges de la tuilerie Amédée Pierre. Bâtiment ouest de la parcelle I 68 : élévation sur cour.Allée Sacoman, parcelle I 68 : vestiges de la tuilerie Amédée Pierre. Bâtiment ouest de la parcelle I 68 : élévation sur cour.

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