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central téléphonique de Saint-Joseph

Dossier IA05000137 réalisé en 1986

Fiche

Situation

L'ouvrage est implanté le long de la route militaire Saint-Chaffrey-col du Granon-Olive, près du virage en épingle à cheveux où s'embranche la route stratégique du col de Buffère, à 1 km en arrière et 400 m en contrebas de la crête sommitale . Ainsi placé, et bénéficiant en outre de l'enfoncement de la vallée du torrent de la Salle, il est remarquablement défilé, tout en étant bien situé par rapport aux organes qu'il dessert.

Mission

Central téléphonique sous casemate du sous-secteur de gauche (nord) de la « zone fortifiée de Briançon » destiné à acheminer les communications entre les ouvrages du col de Buffère, du col du Granon, du fort de l'Olive, les observatoires permanents et temporaires, les batteries d'artillerie du secteur nord-ouest et le noyau central, tant par le réseau téléphonique enterré de forteresse que par les lignes de campagnes établies à la mobilisation.

Contrairement à son homologue, le central de la Seyte, construit en abri-caverne, l'ouvrage a été traité en abri bétonné, coulé à fouille ouverte recomblée ensuite de manière à ne laisser apparaître que les entrées .

Engagé dans le pied d'un grand talus naturel (terre et pierraille mélangées) parallèlement aux courbes de niveau, l'édifice est constitué d'un abri bétonné rectangulaire de 5 x 21 m hors œuvre (entrées exclues), coulé à coffrage perdu sur des éléments de tôle cintrée forte du type règlementaire du génie.

Deux protubérances du massif bétonné, disposées symétriquement près des extrémités abritent les entrées constituées par un couloir tracé en baïonnette à angle saillants abattus (pour faciliter le passage des matériels volumineux et éventuellement des civières) fermés, en façade, par une porte blindée étanche à gonds, type CORF. Ces issues sont protégées extérieurement par un prolongement de dalle formant visière et, latéralement, par des murs en aile ou maçonnerie soutenant le remblai en rocaille enveloppant l'abri. Il n'existe aucun autre organe de défense rapprochée que le créneau de chacune des portes blindées.

Protection, de l'ordre de 1, 25 m de dalle et de mur de fond (protection n° 1). Les travaux ont nécessité 550 m3 de terrassements, 400 m3 de béton armé spécial et 750 m3 de rocaille.

A l'intérieur, l'emploi des tôles cintrées fortes/grandes ondes forme un tunnel en forme de berceau outrepassé de 2,90 m de largeur et 2,05 m sous plafond divisé symétriquement en locaux spécialisés par des cloisons transversales et quatre refends de 0,50 m en béton, encadrant 2 à 2 le débouché intérieur des couloirs d'entrée. La circulation est assurée à travers refends et cloisons, par des portes disposées en alignement droit selon le grand axe .

Du nord au sud, on trouve une petite cuisine, vestibule et citerne, le local du central proprement dit incluant deux cabines, au centre, le local du chef de poste, une chambre pour huit sapeurs-télégraphistes avec quatre lits métalliques à deux places superposées , et le local TSF, dont on ne sait s'il a jamais été équipé, compte tenu de l'absence de supports d'antenne sur les visières des entrées.

Dans le local 5 subsiste une boîte de coupure en fonte type 2 ou 2 bis (33084 ou 33085) avec encore raccordés quelques éléments de câble. Le reste du matériel (mle 1932 de région fortifiée) a été enlevé.

Cette réserve étant faite, l'ouvrage est en très bon état.

Appellations central téléphonique de Saint-Joseph
Parties constituantes non étudiées abri
Dénominations central téléphonique
Aire d'étude et canton Hautes-Alpes - Briançon
Adresse Commune : Briançon
Lieu-dit : Saint-Joseph

Le «programme d'organisation défensive de la frontière du sud-est» établi par la C.O.R.F. le 24 décembre 1930 dans le cadre du crédit de 362 millions accordé à ce théâtre d'opérations, prévoyait pour l'équipement électrique et les transmissions du « secteur de la Haute Durance» (Briançon, col de Larche et Restefond compris) 3,5 millions en première urgence, 0,5 en deuxième urgence, avec complément possible par main-d’œuvre militaire.

Le gros-œuvre du central lui-même fut construit de 1932 à 1935. Au 31 décembre 1936, la dépense atteignait 284.400 F.

L'ouvrage terminé était en service pour les opérations de 1940. Il est aujourd'hui déséquipé et abandonné.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle

L'ouvrage est traité en abri bétonné coulé à coffrage perdu sur des tôles cintrées constituant ainsi un tunnel en berceau outrepassé.

Murs métal
béton béton armé
Étages en rez-de-chaussée
Couvrements voûte en berceau
Statut de la propriété propriété publique
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Truttmann Philippe
Philippe Truttmann (1934 - 2007)

Lieutenant-colonel du génie - Chargé de cours à l'École supérieure du génie de Versailles de 1964 à 1969 - Expert en architecture militaire auprès de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France à partir de 1967 - Thèse de doctorat d'histoire en 1980 sur les aspects techniques de la ligne Maginot - Auteur entre autres de deux synthèses sur la fortification contemporaine : La muraille de France ou la ligne Maginot (1988) et La barrière de fer. L'architecture des forts du général Séré de Rivières, 1872-1914 (2000).

Philippe Truttmann a réalisé plusieurs études sur le patrimoine fortifié entre 1986 et 1996 pour le compte du service régional de l'Inventaire Provence-Alpes-Côte d'Azur.


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- Faure-Vincent David
David Faure-Vincent

A réalisé en 1997 la saisie des notices Mérimée pour l'ensemble des dossiers de la thématique architecture militaire existant à cette date.


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