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Les aménagements portuaires de l'aire marseillaise

Dossier IA13005939 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

La commune de Marseille comprend une façade maritime de 57 kilomètres. Les infrastructures du Grand Port Maritime occupent une part prépondérante du littoral nord de la ville, du bassin de la Joliette jusqu'à l'Estaque. Mais l'emprise foncière de cet ensemble portuaire déborde largement le territoire communal.

Hors du périmètre du GPMM, la commune accueille 17 autres bassins de ports. Ces ports se différencient par leur histoire, leur échelle (de 16 à 3200 anneaux), la nature des activités qu'ils ont abrité (pêche ,plaisance, industrie...). Aujourd'hui, l'activité de plaisance domine, certains ports accueillent toujours des bateaux de pêche. Les ports sont intégrés au tissu dense de la ville (port du Vallon des Auffes, port de la Pointe-Rouge), certains relient des quartiers insulaires (port du Frioul), d'autres sont compris dans l'environnement du Parc national des calanques (port de Morgiou, port de Sormiou).

A l'échelle de la baie de Marseille, des équipements majeurs sont associés à l'activité des ports. Le phare du Planier (référence IA13001158) marque l'entrée de la baie, dont la surveillance a été assurée par les sémaphores de Callelongue (référence IA13005960) et de Pomègues (référence IA13005964). Des équipements de vigies ont pris le relais pour assurer la surveillance ce territoire maritime (vigie Sainte-Marie, vigie Nord du bassin du port, d'autres postes à Cassis, La Couronne, Port-de-Bouc,...).

Contexte historique

Les origines de la ville de Marseille sont étroitement associées au site du port. Principale port français du bassin méditerranéen, il bénéficie de l’axe de circulation du fleuve Rhône, dont le delta ne permet pas la navigation. La situation favorable de sa baie, protégée par l'archipel du Frioul, et les dispositions d’un port naturel abrité offre un cadre de développement favorable à la ville et à son port jusqu’au 18e siècle.

Le port archaïque.

Fondée vers -600 par des marins grecs originaires de la ville de Phocée, en Asie Mineure, le comptoir commercial de Massalia doit sa prospérité à sa situation de port naturel abrité à l'extrémité de la calanque du Lacydon. Durant l’Antiquité la cité-Etat développe ses relais côtiers dont Antibes et Nice, Agde sur le littoral languedocien, ou Amporion sur la côte ibérique. Après la conquête par Rome de la Gaule transalpine, Marseille conserve un statut de république indépendante alliée de Rome. Assiégée en –49 par les troupes de César depuis la mer et la terre, la ville est intégrée à l’Empire romain. D'importants vestiges témoignent de l'importance du trafic du port de Marseille dans l'Empire : Les vestiges des docks romains sur la rive nord et les aménagements de quais et bassins en pierre de la Corne du port, datant du 1er siècle ont été mis à jours dans la seconde moitié du 20e siècle.

Passée sous domination franque au milieu du 6e siècle, la situation de la ville devient périphérique dans l’Empire carolingien. Les échanges méditerranéens sont en recul, la corne du port antique s’envase et la ville se rétracte sur ses buttes. Les relations commerciales avec le reste du bassin méditerranéen se maintiennent pourtant jusqu’au 8e siècle. Durant la période médiévale, sous la conduite des vicomtes de Marseille puis des comtes de Provence, le port réintègre les circuits d’échanges avec le Levant et la Méditerranée orientale. Marseille est le port d’embarquement de la troisième croisade (1190), ses commerçants obtiennent des comptoirs commerciaux au Levant (fondouks), ils échangent le drap de Flandre et du Languedoc contre les épices, le sucre, la soie.

A partir de 1178, un régime de consulat institué par les marchands administre la ville. Le port associe les activités de pêche, le commerce, les chantiers navals, la ville devient port de guerre. Au 15e siècle un chantier naval de navires de commerce s'implante sur le plan Fourmiguier. Des statuts spécifiques accordent à la ville en 1262 avantages fiscaux et privilèges portuaires. La disparition des États chrétiens de Terre Sainte, la perte des comptoirs du Levant affaiblissent la ville à la fin du 13e siècle. L’épidémie de peste noire en 1348, et le siège et le pillage de la ville par la flotte catalane en 1423 achèvent de fragiliser les possessions des Angevins de Naples. En 1581, l’union de la Provence et de la France fait de Marseille le principal port méditerranéen du royaume.

Le port moderne.

La dynastie des Valois renforce les fonctions de port de guerre et d’arsenal. Le port subit plusieurs sièges des impériaux qui décident François 1er à construire les forts de l’île d’If et de Notre-Dame de la Garde. La diplomatie avec l’empire ottoman permet au milieu du 16e siècle d’établir des échelles (comptoirs) avec le Levant. La ville fait l'objet d'un plus grand contrôle de la monarchie, les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas sont bâtis pour protéger la passe du port mais aussi pour contrôler la ville. La monarchie encourage cependant le commerce du port en lui accordant le privilège de port-franc et un quasi-monopole du commerce avec le Levant. A partir de 1665, un nouvel arsenal des galères est implanté sur la rive sud, il associe un chantier naval à un établissement pénitentiaire.

Le dynamisme commercial du port se poursuit avec le Levant et s'ouvre aux échanges avec les Antilles, l'Amérique, l'Océan indien. L'activité portuaire dominée par une classe de négociants fait travailler une importante main d’œuvre liée à la manutention et aux activités de transformation des produits (savons, sucres). En 1748, la flotte de guerre est réorganisée sur Toulon, l'arsenal des galères est démantelé. Les chantiers navals sont maintenus dans l'Anse du Pharo (référence IA13005962). La fin de l'Ancien Régime, les périodes de guerre et de blocus ne sont pas favorables à l'activité d'un port dont l'essor a été brisé.

Le port industriel.

Il faut attendre la décennie 1830-1840 pour qu'aboutissent les projets d'extension du port en réponse au développement des activités industrielles au nord de la ville. La conscience des limites du bassin portuaire se traduit à partir de 1820 dans de nombreux projets de bassins annexes au port existant. En 1843 est arrêté le projet définitif du port auxiliaire de la Joliette, il sera achevé en 1853. Une digue de protection d'une conception inédite délimite les nouveaux bassins du port. Avant même l'achèvement de ce chantier, la poursuite de l'extension des ports est mise à l'étude (agrandissement du port auxiliaire du Frioul, projet des bassins du Lazaret et du port d'Arenc). En 1852, l'ingénieur Pascal élabore le projet de dock-entrepôt qui sera mis en service le 1er janvier 1864. Dès 1911, l'extension portuaire atteint ses limites au nord des bassins.

Le complexe industrialo-portuaire

Les axes de développement du port sont désormais extérieurs au territoire de la ville, ils concernent des infrastructures (loi de 1903 déclarant d'utilité publique le Canal de Marseille au Rhône) mais aussi l'administration du port (la loi d'octobre 1919 annexe littéralement l'étang de Berre et son débouché au grand port géré par la Chambre de commerce de Marseille). Cette évolution se poursuit par le développement des infrastructures portuaires dans le Golfe de Fos à partir de 1961 qui constituent l'ensemble des ports dits des bassin ouest du GPMM. Le statut de Port Autonome est créé par la loi de juin 1965. Il a été transformé en grand port maritime par le décret du 9 octobre 2008. Le Grand port maritime de Marseille est un établissement public chargé de la gestion d'un port maritime.

L'espace de îles.

L'île du Frioul est utilisée à partir du 17e siècle comme port annexe et port de quarantaine pour lutter contre les épidémies. Les aménagements de l'île se poursuivent au 19e siècle avec la construction de l'hôpital Caroline (référence IA13005963) et la création du port du Frioul (référence IA13005952). Suivront les aménagements du sémaphore de Pomègues (référence IA13005964) et de la station de pilotage (référence IA13005965).

La poussière des ports.

Parallèlement au développement du port de commerce de nombreux petits ports sont fréquentés pour des activités de pêche, ils sont aménagés à partir des 19e et 20e siècles. Au sud de Marseille, on peu citer à proximité des calanques les ports de Morgiou (référence IA13005940), Sormiou (référence IA13005941), Callelongue (référence IA13005942), des Croisettes (référence IA13005943), des Goudes (référence IA13005944), de l'Escalette (référence IA13005945) et de la Madrague de Montredon (référence IA1300595146). Vers la Pointe d'Endoume, au sud du Vieux-Port, des ports-abris sont aménagés au 18e siècle, ce sont les ports de la Fausse Monnaie (référence IA13005948), Malmousque (référence IA13005949) et du Vallon des Auffes (référence IA13005950). Le port de l'Estaque (référence IA13005954), au nord de Marseille se développe également au 18e siècle grâce aux activités de pêche puis aux activités industrielles qui développeront ses infrastructures avant de développer aujourd'hui les activités de port de plaisance.

Au 20e siècle de nouvelles infrastructures de ports sont crées, il peut s'agir de ports de pêche, port de Saumaty (référence IA13005953) ou de plaisance, port de la Pointe Rouge (référence IA13005947), port de la Lave (référence IA13005956), port de Corbières (référence IA13005955). D'autres activités, s'implantent sur le rivage. L'Anse Calvo, accueille le bâtiment du Marégraphe (référence IA13005958) qui détermine l'altitude zéro de référence en France.

Principaux aménagements portuaires :

Pour les équipements du GPMM nous renvoyons au dossier consacré aux aménagements portuaires du Grand Port Maritime de Marseille (IA13005861).

- Vieux-Port de Marseille (IA13005951)

- Port de Morgiou (IA13005940)

- Port de Sormiou (IA13005941)

- Port de Callelongue (IA13005942)

- Port les Croisettes (IA13005943)

- Port des Goudes (IA13005944)

- Port de l'Escalette (IA13005945)

- Port de la Madrague de Montredon (IA13005946)

- Port de la Pointe-Rouge (IA13005947)

- Port de la Fausse-Monnaie (IA13005948)

- Port de Malmousque (IA13005949)

- Port du Vallon des Auffes (IA13005950)

- Port du Frioul (IA13005952)

- Port de Saumaty (IA13005953)

- Port de l'Estaque (IA13005954)

- Port de Corbières (IA13005955)

- Port ouest dit port de la Lave (IA13005956)

Bâtiments associés aux activités portuaires :

- Siège des affaires maritimes (IA13000779)

- Siège des messageries maritimes (IA13001483)

- Édifice commercial, agence portuaire de la Compagnie Générale Transatlantique (IA13000798)

Bâtiments associés aux activités industrielles et artisanales :

- Chantier naval de l'anse du Pharo (IA13005962) ;

- Atelier de teinture des filets de pêche de l'Estaque (IA13000883)

Bâtiments associés à la défense portuaire :

- Fort Saint-Nicolas - Ganteaume (IA13005957)

- Fort Saint-Jean (IA13000783)

Bâtiments associés à la signalétique portuaire :

- Phare du planier (IA13001158)

- Sémaphore de Callelongue (IA13005960)

- Sémaphore de Pomègues (IA13005964)

- Poste de pilotage (IA13005965)

Équipement sanitaire :

- Hôpital Caroline (IA13005963)

- Établissement administratif (consigne sanitaire) (IA13000785)

- Établissement médical, siège de l'Intendance Sanitaire dit Consigne sanitaire du port de Marseille (IA13005862)

Équipement scientifique :

- Marégraphe (IA13005958)

Croyance des gens de la mer :

- Église Saint-Laurent (IA13005959)

Bâtiments associés au commerce et productions liés à la mer :

- Halle dite criée aujourd'hui théâtre de La Criée (IA13005961)

- Entrepôt commercial : service des colis postaux de la Compagnie Générale Transatlantique (IA13000793)

Aires d'études Marseille
Adresse Commune : Marseille
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Carteron Sophie
Sophie Carteron

Prestataire extérieur du service mer pour l'opération de repérage du patrimoine des ports en 2015.


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